Casablanca

par Anas El Bakkali, Clarisse Fabrèges et Quentin Nam


Casablanca : Ville intelligente

Casablanca, métropole reconnue pour sa vitalité et son dynamisme économique, à portée internationale, elle est une capitale connue par ses potentialités ce qui nécessite actuellement une intervention dans l'objectif de la rendre intelligente, interconnectée, attractive et efficace dans l'ensemble de ses services dans le but d'améliorer la qualité de vie de ses résidents et de pallier aux disparités tant économiques, sociales que culturelles.

Casablanca, un lifestyle unique

Etat des lieux

 

 

Avec une superficie de 1 615 km² et une population d'environ 5 millions d'habitants, Casablanca se positionne comme le plus important pôle urbain du Maroc.

Un véritable pôle économique marocain, la ville abrite le plus grand aéroport international du pays et son port qui s'étend sur 450 ha, joue un rôle de premier plan dans le développement de la ville et du Royaume.

 

==> Métropole urbaine à l'emblématique centre urbain art-déco, Casablanca est la ville marocaine de tous les superlatifs.

Cette dynamique positive enclenchée depuis quelques années doit s’accompagner d’une une prise de conscience collective.

Une ville intelligente suppose des citoyens civiques et qui adhèrent aux valeurs de leur ville.

Le plan de développement du Grand Casablanca 2015-2020, qui a mis le citoyen et l’entreprise au coeur de sa démarche, est l’illustration parfaite de l’esprit de la « Casa Smart City ».

C’est une invitation que j’adresse aujourd’hui à l’ensemble des parties prenantes de la métropole (élus, autorités, universités, opérateurs privés, société civile..), pour construire ensemble cette ville intelligente.


La place de la culture dans Casablanca

La mode, la culture, ainsi que les activités sociales se côtoient régulièrement dans les nombreux palaces et musées de la ville, offrant une ville mondaine extrêmement intense dont les casablancais sont particulièrement friands, à l'images des "socialite" des grandes capitales du monde.


Hypothèses

- Casablanca écoute et propose : Elle capte et prend en compte les réalités existantes et les mesure à travers les contributions agrégées de ses usagers que l’on appelle l’intelligence citoyenne. Cette analyse est enrichie par la collecte d’informations que permet l’Internet des Objets. La ville analyse grâce à des solutions BigData et anticipe les évolutions et les tendances économiques, démographiques, sociales et environnementales puis adapte sa réponse avec fluidité dans le cadre d’applications d’administration électronique.

 

- Casablanca communique et inspire :  L'information sur la ville et ses services est à la disposition de tous et réduit la fracture numérique en sensibilisant les citoyens et l’administration aux usages et opportunités offertes par les technologies de l’information. Chacun se sentant concerné peut suggérer, proposer et s'impliquer dans l’amélioration de sa ville à travers des plateformescollaboratives et des réseaux sociaux spécialisés. Respectueuse de son patrimoine et de son

identité, notre ville fait aussi la promotion de la différence et propose des espaces riches de recherche et de culture.

 

- Casablanca respire : Nos espaces de vie, de travail et de détente sont harmonieusement organisés. Tout en développant de nouvelles zones parfaitement intégrées à la ville, l’intérêt est porté sur des quartiers connectés ; une virtualité qui épouse le paysage urbanistique en prenant en compte les éléments de démographie et d'urbanisation croissante.

 

 

 

Auteur : EL BAKKALI ANAS

 

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Nouvel article de blog

Casablanca, relations centre-périphérie

Comment les nouvelles technologies et les outils d’une ‘ville intelligente’ permettent-ils de repenser les relations entre centre et périphéries ? La région de Casablanca se révèle particulièrement intéressante pour aborder une telle problématique, notamment à travers le projet de « e-douar » lancé à l’été 2015 dans la commune de Beni Yakhlef.

La localisation de Beni Yakhlef dans l’agglomération de Casablanca et de Mohammédia. Carte : Google Maps.
La localisation de Beni Yakhlef dans l’agglomération de Casablanca et de Mohammédia. Carte : Google Maps.

Des périphéries oubliées

La problématique des villes intelligentes est souvent centrée sur l’étude des seuls centres-villes, zones urbaines bénéficiant généralement le plus des avantages liés aux nouvelles technologies, quand les zones périphériques peuvent en être écartées, tout en étant un sujet d’étude moins approfondi.

Le projet de ‘e-douar’ semble ainsi se développer dans une perspective d’atténuation d’une éventuelle rupture entre centre et périphérie.

‘E-douar’ ?

Au cœur du développement de l’e-Madina de Casablanca, un « cluster Smart Cities » dont le but est de rendre cette métropole plus attractive grâce à l’utilisation des nouvelles technologies, des projets plus précis apparaissent.


C’est ainsi qu’a été lancée la construction de deux ‘maisons intelligentes’ dans la commune rurale de Beni Yakhlef, une ville d’environ 10 000 habitants située à proximité de Mohammédia, dans l’agglomération casablancaise. Ces équipements présentent en réalité une double intelligence :

  • De par la présence d’innovations technologiques : dans un contexte environnemental mondial contraint, elles produisent notamment leur propre électricité ;

  • De par leur usage : elles sont destinées à être des lieux publics pour les touristes et pour ses citoyens, en se voulant notamment un lieu de promotion de l’alphabétisation et d’accès au numérique.


L’idée n’est pas de faire un village intelligent qui serait isolé mais de créer une véritable harmonie entre centre-ville et banlieues : c’est donc avant tout un projet hautement social qui ne vise toutefois pas à effacer les identités culturelles de chacun, mais au contraire à les intégrer dans une dynamique de développement durable.

Ce qui nous intéresse

Quelles sont les nouvelles façons de construire et d’aménager au sens large ?

La question de la place de la participation sera au centre de l’étude : l’enjeu sera de comprendre comment la population perçoit ce genre de projets, quels bénéfices elle en attend, et comment elle peut se l’approprier.

Nous projetons aussi d’étudier les différentes parties prenantes du projet, des acteurs privés aux pouvoirs publics, qu’ils soient nationaux ou locaux. Toute la problématique sera alors de comprendre l’entrecroisement entre les différentes composantes de la société, l’économie, l’éducation et la politique.

Enfin, il sera question de l’extension de ce type de projet à l’ensemble du Grand Casablanca, ainsi qu’à d’autres villes dans le monde.


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Nouvel article de blog

Nos premiers pas à Casablanca

Dans les rues de l'ancienne Medina
Dans les rues de l'ancienne Medina
Avenue de l'Armée Royale (FAR), longeant la Medina
Avenue de l'Armée Royale (FAR), longeant la Medina
Boulevard Moulay Youssef, place de la Fraternité
Boulevard Moulay Youssef, place de la Fraternité

 

A Casablanca depuis mercredi soir, nous avons pu commencer à baigner dans l'atmosphère casablancaise. Après une journée de visite et plus de 20km de marche, notre première impression fut de constater les nombreux visages de cette ville polycentrique, entre centres d'affaires ultra modernes et habitats très modestes.

Après cette première découverte de la ville, le temps est venu d'en rencontrer les différentes parties prenantes.

 

Clarisse & Quentin

 

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Premier bilan, par Clarisse Fabrèges et Quentin Nam

Casablanca, des centres et des périphéries

De part et d'autre du Boulevard Sidi Mohamed Ben Abdellah : la Marina flambant neuve fait face à des quartiers d'habitat ancien qui n'ont pas bénéficié de la réhabilitation de la Médina. Photo : Quentin Nam
De part et d'autre du Boulevard Sidi Mohamed Ben Abdellah : la Marina flambant neuve fait face à des quartiers d'habitat ancien qui n'ont pas bénéficié de la réhabilitation de la Médina. Photo : Quentin Nam

Au Maroc, Casablanca est la ville cosmopolite par excellence. Une ville jeune, au passé récent : elle ne comptait que 20 000 habitants au début du XXe siècle. Avec une population actuelle de 3,5 millions d'habitants et près de 5 millions pour la totalité de son agglomération, Casablanca est aussi une ville qui a grandi rapidement, et où l'urbanisation a toujours été un challenge.

Cela explique peut-être la nature cosmopolite de la ville : Casablanca est riche architecturalement, culturellement et ethniquement, puisqu'elle a toujours eu une tradition d'accueil pour les populations du Maroc, du reste de l'Afrique et d'Occident.

Riche, Casablanca l'est aussi socialement. Du fait de sa place de capitale économique du Royaume, nous nous attendions à trouver d'importantes différences de richesse parmi ses habitants. Les écarts réellement constatés lors de nos visites de terrain et les divers entretiens que nous avons eus à ce stade nous ont toutefois frappés par leur ampleur. En mettant de côté les bidonvilles excentrés et les quartiers résidentiels éloignés remplis de villas toutes plus luxueuses les unes que les autres, le centre-ville en lui-même est le théâtre de toutes les inégalités. Sur un périmètre restreint, il arrive souvent que des enfants affamés côtoient des Porsche dernier cri.

Redéfinition du concept centre-périphérie

La Corniche en cours d'aménagement au niveau de la mosquée Hassan II. Photo : Quentin Nam
La Corniche en cours d'aménagement au niveau de la mosquée Hassan II. Photo : Quentin Nam

Bien que Casa ait une histoire récente, son dynamisme - qui n'est plus à remettre en question - ne s'est pas toujours exercé aux mêmes endroits selon l'époque. Alors que le cœur de la ville battait dans le quartier art-déco sous le Protectorat, celui-ci a glissé lentement mais sûrement vers le Maârif au fil des années. Toutefois, on observe aussi désormais d'autres lieux de vie et d'animation : la Corniche et ses nouveaux centres commerciaux, la ville art-déco et la place Mohammed V qui continuent d'attirer... Finalement, Casablanca est une cité typiquement polycentrique.

 

Ces observations nous ont amenés à adapter la notion de "centre-périphérie" au cas de Casablanca. On a déjà eu l'occasion de prendre pour hypothèse le fait que le concept de ville intelligente est davantage pensé pour les zones centrales : il ne s'agit pas forcément d'endroits qui soient centraux géographiquement, mais plutôt des lieux de vie, de rencontre, où différents milieux sociaux peuvent se côtoyer (même sans se parler). Par opposition, les zones périphériques seront de deux types : les zones résidentielles, y compris en centre-ville, qu'elles soient riches, modestes voire pauvres, et les zones rurales excentrées, que nous avions déjà pris en compte lors de la définition de notre mission.

À Casablanca, un très large concept de "ville intelligente"

Publicité pour le lancement du site de la Ville de Casablanca, le 21 décembre 2015. Photo : Clarisse Fabrèges
Publicité pour le lancement du site de la Ville de Casablanca, le 21 décembre 2015. Photo : Clarisse Fabrèges

Casablanca affiche clairement l'objectif de compter parmi les "smart cities" en Afrique et dans le monde. En témoigne le lancement d'un site Internet dédié à la ville, www.casablancacity.ma, à la fin de l'année 2015. Casablanca a également organisé, les 18 et 19 mai derniers, la "Smart City Expo Casablanca" et une nouvelle édition est d'ores et déjà programmée pour les 17 et 18 mai 2017.

 

Pourtant, Casablanca souhaite aussi s'imposer comme une ville intelligente en dépassant les nouvelles technologies : il s'agirait alors d'adopter une organisation efficace, avec un leadership et une direction clairement énoncés afin de concrétiser des projets novateurs dans des délais serrés tout en obéissant à une exigence de qualité et de sérieux.

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